Publié dans Vie d'auteur

Comment naissent mes romans…

Sur quoi tu écris ? Comment tu trouves tes idées ? Qu’est-ce qui fait que tu arrives à en faire un livre ? Ca te prend combien de temps ?

Toutes ces questions, on me les pose très souvent. Alors aujourd’hui, je vous donne toutes les réponses en vous racontant, en toute transparence, comment mes romans passent de ma tête à… votre table de chevet !

D’abord, un désir…

Un jour, quelque chose attire mon attention et j’ai envie de le mettre dans une histoire. Ça peut être à peu près tout : une personne qui se balade en pyjama à la bibliothèque (et deviendra le héros de Mémoires d’éléphant), une actualité qui me révolte, une émotion, un parfum, ou l’ambiance d’une ville. Parfois, c’est juste un besoin brut d’écrire pour écrire, parfois ce détail va se greffer sur un roman en cours, et parfois c’est toute une histoire qui se déroule en regardant vivre les « vrais » gens. J’écris des petites scènes par-ci par-là, pour ne pas oublier mon ressenti, et pour tester cette histoire à l’écrit, voir son potentiel… Cette période peut durer plus ou moins longtemps, souvent quelques mois où je vivote, j’attends de voir si cette idée va me passionner ou s’effacer… Cela dépend aussi de mes autres romans en cours d’écriture. Par exemple : en novembre 2015, je décide de corriger Irrégulières pour publication, en parallèle j’écris Mémoires d’éléphant, ET je note quelques toutes petites idées / envies sur roman 3. Je commence aussi deux autres romans, qui seront avortés.

Laisser faire l’obsession…

J’ai souvent des idées, mais certaines histoires s’effacent de ma tête assez vite, et d’autres m’obsèdent et me suivent. C’est là que je commence à penser à vous, mes lecteurs. Parce que moi l’histoire, je la connais déjà, je n’ai plus besoin de me la raconter. Pour vouloir écrire, relire cette histoire et avoir envie de la partager, il faut que ça vire un peu à l’obsession : que j’y pense régulièrement, que j’y revienne toujours, que de nouvelles idées affluent, que je veuille faire des recherches, dessiner une couverture, travailler les personnages. Un roman, c’est d’abord ça, une histoire qui m’obsède jusqu’à ce qu’elle soit écrite. Une fois qu’elle est achevée et partagée, je m’en libère, et c’est à vous qu’elle appartient. Cette période compulsive dure en général un à six mois !

Il faut savoir que lorsque j’écris, je fais rarement des plans : j’écris d’abord toutes les scènes qui me paraissent importantes et que j’ai envie de faire, puis je liste ces scènes, j’essaye de réfléchir à ce qui manque, et ce qu’il faudrait modifier, j’écris encore, et encore, et encore, plusieurs versions différentes d’un même arc narratif, j’ajoute des personnages… Bref, mon roman est comme une structure gonflable qui ne trouve sa forme finale qu’une fois que j’ai bien mis de l’air de tous les côtés ! Avant cela, je ne sais jamais exactement à quoi ça va ressembler.

KODAK Digital Still Camera

J’ai des cahiers pour les petites notes / idées et des cahiers dédiés à un roman… et autant de fichiers d’ordinateurs !!

Je doute, donc j’écris.

A l’approche de la moitié du roman, JE DOUTE. Je pense à tout ce qui m’apparaît comme moyen dans mon écriture, je me demande si j’ai honoré la promesse de bien traiter le sujet, et ainsi de suite… Si je reprends la métaphore de la structure gonflable, c’est comme si je voyais la forme finale, mais encore un peu molle, un peu pliée, donc pas terrible et j’ai envie d’aller souffler ailleurs… On pourrait croire qu’avec deux romans publiés, le doute s’en va, mais non : viennent d’autres questionnements comme de savoir si ce nouveau roman va plaire aux lecteurs réguliers… J’avance comme un escargot : une page ou deux et je renonce. J’y reviens – tiens, cette page n’était pas si mal – encore une, oui mais non. Comme j’écris selon mes envies, il me faut souvent m’assurer que la ligne directrice ne dérive pas trop, que mes scènes sont bien assorties, que le style n’a pas changé. Ça peut être frustrant. J’écris beaucoup, je supprime beaucoup. Pour Mémoires d’éléphant, par exemple, j’ai supprimé les deux tiers du roman au premier jet, avant de réécrire en sachant mieux où j’allais. Entre moi et un auteur qui fait un plan très précis des chapitres avant de rédiger, je ne sais pas qui « perd » le plus de temps, en tout cas moi je ne peux pas faire autrement. J’ai besoin d’écrire d’abord par passion, et j’ai besoin de douter, parce que c’est ça qui me permet d’améliorer ma première version.

Mon roman mérite une bonne correction.

Ça y est, j’ai mis le point final à mon premier jet, c’est-à-dire la première version « lisible » de mon texte. Ça m’a pris environ six mois. Je laisse le roman de côté, je l’oublie quelques semaines. C’est une rupture douloureuse mais nécessaire. Puis j’y reviens avec un œil reposé et je vois l’étendue du travail restant : bonnes et mauvaises surprises. J’essaye de ne pas trop attendre, car je sais qu’avec le temps, la vie, je change et que mon histoire peut changer avec moi (par exemple, je ne suis plus la fille qui a écrit Irrégulières). Accepter de mettre un point final au manuscrit et aux corrections est une étape difficile mais obligatoire ! Il faut savoir s’auto-discipliner. Je corrige de nombreuses fois pour les incohérences, l’orthographe, le rythme, la mise en page… Pour moi qui ne fait pas de plan et qui écrit de manière arborescente, il est temps de vérifier que mon personnage principal n’a pas changé de prénom en cours de récit… Quand j’estime avoir corrigé à fond, j’envoie cette version à des « bêta-lecteurs », c’est-à-dire des lecteurs tests, des personnes de confiance qui vont me faire part de leur ressenti critique du texte.

Les commentaires au fil du texte qui m’ont convaincu de publier Mémoires d’éléphant.

Pendant ce temps-là, je commence à préparer la sortie du livre : le résumé, la couverture, les posts sur les réseaux sociaux… Je fais encore quelques relectures et corrections d’après leurs commentaires. Il faut doser entre ce que je veux et ce qui fonctionne, en sachant que deux lecteurs peuvent avoir un point de vue différent du mien ET différent l’un de l’autre sur un épisode ! Leur lecture est très précieuse pour moi !

Enfin, je prépare la maquette du livre papier, je me prends la tête sur mille détails techniques (fonds perdus, police d’écriture libre de droit…) mais je suis en même temps si contente et fière d’avoir mené à bout mon projet ! Impatiente aussi de vous le faire découvrir, d’avoir vos réactions !

A vous !

Des photos envoyées par mes lecteurs ❤ !

Le roman est sorti, il est à vous, même s’il aura encore besoin de moi quelques temps : chroniques, mise en avant de vos commentaires, concours, promotions… Et pendant ce temps autour de moi, les esquisses des prochaines histoires se dessinent…

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