Publié dans Questions auto-édition

Publier un livre avec Amazon KDP, les bons et les mauvais côtés !

Vous avez envie de publier sur Amazon mais vous hésitez ? Vous aimeriez en savoir plus avant de vous lancer ? Je vous partage mon expérience après un an sur cette plateforme et deux romans publiés (Irrégulières et Mémoires d’éléphant).

[NB : cet article n’explique pas en détail comment publier sur Amazon. Si c’est ce que vous cherchez, allez voir le très bon article méthodo d’Anaïs W. : publier sur KDP]

Les bons côtés d’Amazon :

  • La transparence sur vos ventes : vous savez exactement combien de livres vous vendez par jour, sous la forme d’un histogramme très clair. En dessous, un tableau vous montre pour chaque site (amazon.fr, amazon.com, amazon.ca) les revenus générés (=ce que vous allez toucher pour la période en cours)
  • Les revenus : environ 30% du prix du livre papier, 70% de l’ebook. C’est beaucoup plus que dans l’édition traditionnelle. (Pour une raison assez évidente : vous remplacez tous les intermédiaires de la chaîne du livre.)
  • La libertéééééééééé : de tout choisir de A à Z, puisque vous êtes votre propre éditeur.
  • La facilité de créer votre livre : sur le site on vous explique tout, et vous pouvez même utiliser des logiciels pour la couverture et des maquettes pour mettre en forme votre texte de manière professionnelle. Je suis contente de la qualité des livres papiers d’ailleurs, la couverture est douce, les couleurs bien rendues…
  • Les paiements réguliers : vous touchez vos revenus 60 jours après la date d’achat sur le livre. Autrement dit, au début, vous devrez attendre deux mois, puis tous les mois vous recevrez par virement une somme correspondant à… deux mois plus tôt (ex: en janvier, vous recevez vos droits sur les ventes du mois de novembre). Tous les paiements sont versés sur votre compte bancaire, et convertis dans votre devise sans frais (ex : si un lecteur achète au Québec avec des dollars canadiens, vous serez quand même payé en euros). Ce n’est pas le cas de Kobo Writing Life, entre autres, qui impose d’avoir gagné un minimum de droits d’auteur avant de vous verser l’argent.
  • C’est rapide et gratuit : une fois que vous avez mis en forme votre livre papier et votre ebook, il vous suffit de remplir la page produit, et votre livre sera disponible à la vente dans les deux jours. Comme Amazon fait de l’impression à la demande, vous n’avez rien à payer : lorsqu’un lecteur achète sur le site, le livre est imprimé et livré à son adresse.
  • C’est international : un point qui n’intéresse pas forcément tout le monde mais qui m’aide beaucoup, en tant que romancière expatriée. J’ai des lecteurs aux Etats-Unis où je vis, mais aussi au Québec, en Belgique et bien sûr en France. Tous ces lecteurs peuvent acheter le livre dans leur devise, et être livré rapidement. Moi je n’ai pas à m’en inquiéter, et ça c’est génial !
  • Ils répondent vite en cas de problèmes, il suffit d’envoyer un mail.

TITRES AMAZON

Une page de présentation avec une bonne note, livraison partout, et c’est VOUS qui avez tout fait… Ça fait plaisir, non ?

Les limites d’Amazon :

  • Les revers de médaille propres à l’auto-édition : un travail énorme et constant. Ça ne sert à rien de juste balancer votre livre avec une couverture faite à l’arrache. Vous êtes un plancton dans l’océan et personne ne vous attend ! Si vous voulez vendre votre livre sur Amazon, il faut écrire de bons livres, bien les corriger, faire une couverture attractive, un super résumé, avoir des avis clients, faire votre promotion avant et après, etc, etc… Ça peut être passionnant, mais aussi éreintant parfois (et chronophage) !
  • Amazon, c’est un peu l’ennemi juré des libraires et de certains éditeurs, et on les comprend :  c’est un très gros concurrent déloyal ! Donc, si vous choisissez Amazon pour imprimer et distribuer votre livre, ne vous attendez pas à être accueilli à bras ouverts en librairie. Or, si vous voulez vendre vos livres et pérenniser votre activité, il est bon que l’on puisse acheter votre œuvre dans un maximum d’endroits !
  • De même, vous entendrez souvent que « Votre livre n’est pas un vrai livre / Ce n’est pas de la littérature de qualité » ou que « Vous êtes sûrement un auteur raté / déçu / égocentrique » parce que vous avez choisi cette voie. Accrochez-vous, soyez patients et prouvez que votre travail est de qualité ! La mentalité sur l’auto-édition commence doucement à évoluer…
  • Amazon ne vous aidera pas à mettre en valeur votre livre. L’intérêt de ce site, c’est de proposer un maximum de choses à l’achat, pour satisfaire leurs clients. Or, lorsque vous mettez un livre en ligne, que vous alertez tous vos proches et que vous proposez des prix cassés, sur lesquels le site prendra une commission ; vous mettez votre énergie de vendeur au service d’Amazon, pas l’inverse. A moins bien sûr que votre livre fasse partie de ceux (rares !) qui décollent dans les ventes, auquel cas il sera mis en avant. Par exemple, si vous êtes bien classé, si vous avez beaucoup de commentaires, vous serez mis en avant. Il y a donc un possible cercle vertueux, mais avant de l’atteindre, beaucoup beaucoup d’auteurs vont « enrichir » Amazon financièrement et culturellement, par leurs efforts. C’est un peu cruel, mais c’est important d’en avoir conscience !
  • Si vous avez choisi de publier uniquement sur Amazon (pour les raisons citées ci-dessus, ou simplement parce que c’est déjà beaucoup de boulot de publier sur une plateforme), vous êtes complètement tributaire du site. Si demain Amazon supprime votre livre, vous avez tout perdu. Si le livre s’affiche « En rupture de stock » ou « Problème de livraison », cela peut faire chuter vos ventes et vous n’y pouvez rien (ça m’est arrivé pendant la sortie de Mémoires d’éléphant, et c’est irrattrapable). Encore une fois, je ne vous souhaite pas le pire, je vous préviens.
  • Les bonnes choses ne se cumulent pas : les ventes que je fais sur les différents sites (.com, .ca, .fr) ne s’additionnent pas; ni les commentaires, ni le classement. Du coup, comme je vends dans 4-5 pays différents, ça a tendance à « diluer » les côtés positifs…! Je vends beaucoup, mais mes lecteurs verront plutôt, pour chaque livre, que je vends un peu… partout !

CONCLUSION : Après un an et deux romans, oui je suis plutôt contente d’Amazon. Dans mon cas (romancière indé en expatriation), cela me permet de publier facilement, rapidement, de manière pro et avec des revenus réguliers. C’est beaucoup de travail, mais ce serait le cas avec n’importe quelle plateforme à partir du moment où l’on décide d’être indépendant. Personnellement, j’adore le faire la plupart du temps. Mon seul désir maintenant que je maîtrise mieux les étapes de publication, c’est de multiplier les plateformes de diffusion (comme être en librairie : j’adore les librairies !!). Et puis aussi, rentrer en France pour rencontrer mes lecteurs en vrai…

Chloé

Des questions ? N’hésitez pas à laisser un commentaire (pas d’auto-promo, je ne suis pas chroniqueuse!).

 

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