Publié dans Questions auto-édition, Vie d'auteur

10 leçons apprises en 10 ans d’écriture pro !

Il paraît que c’est bientôt la fin d’une décennie, le bon moment pour faire un petit bilan.

Il y a dix ans, j’ai écrit ma première pièce de théâtre, qui a tourné pendant deux ans. Puis j’ai sorti quelques nouvelles et textes courts et enfin, j’ai publié mon premier puis mon deuxième roman.

Dix ans d’écriture professionnelle, de tentatives, d’échecs et de victoires…

Qu’est-ce que j’en ai appris ? (et qui peut vous être utile)

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Complexes de famille, tragédie œdipienne avec des souris vertes, tournée 2011

1. La meilleure manière d’apprendre à écrire un livre… C’est d’écrire un livre.

Il faut accepter de se lancer et d’écrire quantités de pages médiocres à jeter, de recommencer et de finir pour passer à la suite. Plus vous écrirez, mieux vous écrirez, parce que vous apprivoiserez votre petite routine intérieure (style, rythme, défauts et qualités). N’attendez pas un meilleur moment, faites-le, et vous verrez ce que ça vaut. Je livre toujours les meilleures versions de mes romans, pourtant dès que j’en commence un nouveau, je vois à quel point j’ai progressé. J’aime bien l’article « botteur de fesses » de Clémentine Beauvais à ce sujet : à découvrir ici.

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2. Il faut savoir être patient ET persévérant.

C’est long d’écrire un bon livre, même quand on a du temps chaque jour. C’est long à corriger, c’est long à publier, c’est long de se faire connaître d’un cercle de lecteurs. A chaque étape, il y a de nouvelles choses à apprendre, des choses dont on prend conscience, des choses à adapter. C’est un temps incompressible et nécessaire à la créativité, il faut l’accepter et ne pas se laisser décourager. (Parce qu’au bout de ce loooong voyage, il y a un lecteur qui va dévorer votre histoire en deux heures sans forcément en parler autour de lui, et tout sera à recommencer).

3. Un auteur n’est pas son personnage, mais un auteur est un personnage public.

Au début, j’avais peur que les gens m’associent à certaines pensées / actions de mes personnages, et c’était une grande source de stress. Je ne me sentais pas libre de créer des personnages antipathiques, ou d’écrire certains types de scènes. Aujourd’hui je sais que je peux écrire des choses vraisemblables, que mes lecteurs savent faire la différence entre mes personnages et moi.

Mais, j’ai conscience aussi en ayant publié que les choix que je fais pour mes romans (les sujets abordés, les types de personnages, mais aussi les partenariats de publication) disent quelque chose de moi, de mes valeurs, de mes engagements. Idem lorsque je poste sur mes réseaux sociaux, ou mon site : je montre une certaine image. C’est important je pense d’en avoir conscience ;).

4. Votre famille et vos amis, mais aussi vos lecteurs, ne vous doivent rien.

Si votre livre est bon, il séduira ses lecteurs. S’il est moyen, ils ne l’achèteront pas. Si vous bourrinez autour de vous pour écouler vos stocks, vous allez laisser une mauvaise image et comme auteur, et comme ami (à lire à ce sujet, l’excellent article de Nathalie Bagadey). Parlez-en autour de vous, mais laissez les gens faire leur choix et ne vous formalisez pas si les soutiens ne sont pas (toujours) là où vous les attendiez : d’autres viendront là où vous ne les attendiez pas.

5. Assumez-vous comme écrivain.

Soyez fier de ce que vous écrivez, parlez-en avec passion, c’est comme ça que vous donnerez envie aux autres de vous lire. Ne vous excusez pas d’être ce que vous êtes. N’ayez pas peur du mot : « Je suis écrivain », voilà qui donne matière à discussion quand vous rencontrez quelqu’un (et si vous dites « Je suis autrice », encore plus…). Oui, c’est un vrai métier (avec des heures supplémentaires, des collègues, des clients, des impôts à payer…). N’attendez pas qu’on vous donne une autorisation d’exister, prenez la place si vous la méritez.

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Je fais ce que j’aime, et ça marche. Pourquoi devrais-je m’en cacher ?

6. Aucun écrivain n’est unique, mais tout écrivain peut être intéressant.

Parfois j’ai des idées que je trouve géniales, lumineuses, et puis je finis toujours par trouver quelqu’un qui les a écrites avant moi, parfois mieux que moi… J’ai appris à faire avec. Tout a déjà été fait, et ce n’est pas grave : les lecteurs qui ont aimé un livre qui ressemble au vôtre (par son style, ses thématiques) aimeront sans doute le vôtre. Plutôt que chercher à atteindre une œuvre absolument originale (mission impossible), cherchez-vous, votre style ! Les lecteurs veulent du vrai et du bon, pas forcément de l’ultra-neuf.

7. Il y a des lecteurs pour vous.

J’ai dit que les lecteurs ne vous doivent rien, c’est vrai. Mais ils existent et vous pouvez plaire à certains. Il suffit juste d’aller les trouver aux bons endroits. De poster sur les sites et réseaux dédiés à la romance, au polar ou à la littérature blanche ; d’écumer les festivals de fantasy ; de contacter des chroniqueurs qui craquent pour les mêmes livres que vous, etc. Comme on dit aux USA : « Trouve ton peuple ».

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Par exemple, j’ai eu la chance de rencontrer Alexandra, chroniqueuse du blog littéraire Papiers Mâchés, « Et si chaque livre avait un goût ? »

8. Écrivez ce que vous voulez.

Premier roman : j’espérais que ça plairait. Deuxième roman : j’espérais que ça plairait. Troisième roman : « oh là là, je commence à avoir un paquet de lecteurs-qui-ne-me-doivent-rien mais qui me demandent des nouvelles du prochain. Comment leur faire plaisir ? ». J’avais si peur de faire un flop que je me suis torturée pour savoir quoi écrire, d’autant plus qu’en auto-édition, il me semblait important de continuer à publier « dans le même genre ». Et puis un jour, j’ai simplement arrêté de me prendre la tête : je crois que mes lecteurs sont curieux de tout, et que je ne pourrais écrire un bon livre que si je me sens totalement libre. Résultat : je suis en train d’écrire non pas Un troisième roman, mais quatre.

9. Soyez exigeants dans une juste mesure.

En toute honnêteté, est-ce que votre livre ne mériterait pas quelques chapitres de plus et quelques adverbes de moins ? Est-ce que votre propos est un peu universel ou juste thérapeutique et auto-centré ? Est-ce qu’il ne serait pas temps d’y mettre un point final au contraire, au lieu de le retransformer encore et encore ? Bref, écrire peut être difficile, mais juger son œuvre encore plus. J’ai vu des gens balancer des livres mal ficelés sur le marché pour leur seul plaisir, et d’autres ne jamais arriver au bout d’un projet à cause d’un perfectionnisme mal placé. Moi-même, je pense que j’aurais pu faire certaines choses mieux pour mes premiers textes, je vois avec le recul que je n’avais plus la force d’y retoucher et que je les ai partagé « au cas où ». C’est vraiment difficile de trouver l’équilibre, mais il faut essayer. Pour améliorer vos techniques et trouver de bonnes astuces « objectives » en toutes circonstances, l’indispensable blog de Julien Hirt : à découvrir ici.

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Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage… Mais pas 101 fois !!

10. Le plus important, c’est de se faire plaisir.

Parce qu’au final, il est très probable que vous ne deviendrez pas riche et célèbre, ou que vous n’arriverez pas à en vivre décemment. Il y aura toujours des gens pour vous critiquer. Et il y aura des moments où ce sera plus difficile : corrections, page blanche…

Donc, si je ne devais retenir qu’une seule chose de ces dix dernières années, c’est : j’écris parce que j’adore ça, que ça me rend heureuse, que ça m’apaise. Si en plus ça fait plaisir à d’autres gens, alors c’est un grand bonus, mais si demain je n’y trouvais plus mon bonheur, j’arrêterais. Personne ne vous oblige à rien, personne n’a « besoin » de vos livres. C’est l’envie qui compte, la vôtre, puis celle du lecteur dans un deuxième temps.

Voilà, j’espère que cet article vous a été utile ! N’hésitez pas à ajouter votre petite pierre à l’édifice 😉 !

 

 

 

 

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