Publié dans Questions auto-édition, Vie d'auteur

10 leçons apprises en 10 ans d’écriture pro !

Il paraît que c’est bientôt la fin d’une décennie, le bon moment pour faire un petit bilan.

Il y a dix ans, j’ai écrit ma première pièce de théâtre, qui a tourné pendant deux ans. Puis j’ai sorti quelques nouvelles et textes courts et enfin, j’ai publié mon premier puis mon deuxième roman.

Dix ans d’écriture professionnelle, de tentatives, d’échecs et de victoires…

Qu’est-ce que j’en ai appris ? (et qui peut vous être utile)

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Complexes de famille, tragédie œdipienne avec des souris vertes, tournée 2011

1. La meilleure manière d’apprendre à écrire un livre… C’est d’écrire un livre.

Il faut accepter de se lancer et d’écrire quantités de pages médiocres à jeter, de recommencer et de finir pour passer à la suite. Plus vous écrirez, mieux vous écrirez, parce que vous apprivoiserez votre petite routine intérieure (style, rythme, défauts et qualités). N’attendez pas un meilleur moment, faites-le, et vous verrez ce que ça vaut. Je livre toujours les meilleures versions de mes romans, pourtant dès que j’en commence un nouveau, je vois à quel point j’ai progressé. J’aime bien l’article « botteur de fesses » de Clémentine Beauvais à ce sujet : à découvrir ici.

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2. Il faut savoir être patient ET persévérant.

C’est long d’écrire un bon livre, même quand on a du temps chaque jour. C’est long à corriger, c’est long à publier, c’est long de se faire connaître d’un cercle de lecteurs. A chaque étape, il y a de nouvelles choses à apprendre, des choses dont on prend conscience, des choses à adapter. C’est un temps incompressible et nécessaire à la créativité, il faut l’accepter et ne pas se laisser décourager. (Parce qu’au bout de ce loooong voyage, il y a un lecteur qui va dévorer votre histoire en deux heures sans forcément en parler autour de lui, et tout sera à recommencer).

3. Un auteur n’est pas son personnage, mais un auteur est un personnage public.

Au début, j’avais peur que les gens m’associent à certaines pensées / actions de mes personnages, et c’était une grande source de stress. Je ne me sentais pas libre de créer des personnages antipathiques, ou d’écrire certains types de scènes. Aujourd’hui je sais que je peux écrire des choses vraisemblables, que mes lecteurs savent faire la différence entre mes personnages et moi.

Mais, j’ai conscience aussi en ayant publié que les choix que je fais pour mes romans (les sujets abordés, les types de personnages, mais aussi les partenariats de publication) disent quelque chose de moi, de mes valeurs, de mes engagements. Idem lorsque je poste sur mes réseaux sociaux, ou mon site : je montre une certaine image. C’est important je pense d’en avoir conscience ;).

4. Votre famille et vos amis, mais aussi vos lecteurs, ne vous doivent rien.

Si votre livre est bon, il séduira ses lecteurs. S’il est moyen, ils ne l’achèteront pas. Si vous bourrinez autour de vous pour écouler vos stocks, vous allez laisser une mauvaise image et comme auteur, et comme ami (à lire à ce sujet, l’excellent article de Nathalie Bagadey). Parlez-en autour de vous, mais laissez les gens faire leur choix et ne vous formalisez pas si les soutiens ne sont pas (toujours) là où vous les attendiez : d’autres viendront là où vous ne les attendiez pas.

5. Assumez-vous comme écrivain.

Soyez fier de ce que vous écrivez, parlez-en avec passion, c’est comme ça que vous donnerez envie aux autres de vous lire. Ne vous excusez pas d’être ce que vous êtes. N’ayez pas peur du mot : « Je suis écrivain », voilà qui donne matière à discussion quand vous rencontrez quelqu’un (et si vous dites « Je suis autrice », encore plus…). Oui, c’est un vrai métier (avec des heures supplémentaires, des collègues, des clients, des impôts à payer…). N’attendez pas qu’on vous donne une autorisation d’exister, prenez la place si vous la méritez.

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Je fais ce que j’aime, et ça marche. Pourquoi devrais-je m’en cacher ?

6. Aucun écrivain n’est unique, mais tout écrivain peut être intéressant.

Parfois j’ai des idées que je trouve géniales, lumineuses, et puis je finis toujours par trouver quelqu’un qui les a écrites avant moi, parfois mieux que moi… J’ai appris à faire avec. Tout a déjà été fait, et ce n’est pas grave : les lecteurs qui ont aimé un livre qui ressemble au vôtre (par son style, ses thématiques) aimeront sans doute le vôtre. Plutôt que chercher à atteindre une œuvre absolument originale (mission impossible), cherchez-vous, votre style ! Les lecteurs veulent du vrai et du bon, pas forcément de l’ultra-neuf.

7. Il y a des lecteurs pour vous.

J’ai dit que les lecteurs ne vous doivent rien, c’est vrai. Mais ils existent et vous pouvez plaire à certains. Il suffit juste d’aller les trouver aux bons endroits. De poster sur les sites et réseaux dédiés à la romance, au polar ou à la littérature blanche ; d’écumer les festivals de fantasy ; de contacter des chroniqueurs qui craquent pour les mêmes livres que vous, etc. Comme on dit aux USA : « Trouve ton peuple ».

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Par exemple, j’ai eu la chance de rencontrer Alexandra, chroniqueuse du blog littéraire Papiers Mâchés, « Et si chaque livre avait un goût ? »

8. Écrivez ce que vous voulez.

Premier roman : j’espérais que ça plairait. Deuxième roman : j’espérais que ça plairait. Troisième roman : « oh là là, je commence à avoir un paquet de lecteurs-qui-ne-me-doivent-rien mais qui me demandent des nouvelles du prochain. Comment leur faire plaisir ? ». J’avais si peur de faire un flop que je me suis torturée pour savoir quoi écrire, d’autant plus qu’en auto-édition, il me semblait important de continuer à publier « dans le même genre ». Et puis un jour, j’ai simplement arrêté de me prendre la tête : je crois que mes lecteurs sont curieux de tout, et que je ne pourrais écrire un bon livre que si je me sens totalement libre. Résultat : je suis en train d’écrire non pas Un troisième roman, mais quatre.

9. Soyez exigeants dans une juste mesure.

En toute honnêteté, est-ce que votre livre ne mériterait pas quelques chapitres de plus et quelques adverbes de moins ? Est-ce que votre propos est un peu universel ou juste thérapeutique et auto-centré ? Est-ce qu’il ne serait pas temps d’y mettre un point final au contraire, au lieu de le retransformer encore et encore ? Bref, écrire peut être difficile, mais juger son œuvre encore plus. J’ai vu des gens balancer des livres mal ficelés sur le marché pour leur seul plaisir, et d’autres ne jamais arriver au bout d’un projet à cause d’un perfectionnisme mal placé. Moi-même, je pense que j’aurais pu faire certaines choses mieux pour mes premiers textes, je vois avec le recul que je n’avais plus la force d’y retoucher et que je les ai partagé « au cas où ». C’est vraiment difficile de trouver l’équilibre, mais il faut essayer. Pour améliorer vos techniques et trouver de bonnes astuces « objectives » en toutes circonstances, l’indispensable blog de Julien Hirt : à découvrir ici.

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Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage… Mais pas 101 fois !!

10. Le plus important, c’est de se faire plaisir.

Parce qu’au final, il est très probable que vous ne deviendrez pas riche et célèbre, ou que vous n’arriverez pas à en vivre décemment. Il y aura toujours des gens pour vous critiquer. Et il y aura des moments où ce sera plus difficile : corrections, page blanche…

Donc, si je ne devais retenir qu’une seule chose de ces dix dernières années, c’est : j’écris parce que j’adore ça, que ça me rend heureuse, que ça m’apaise. Si en plus ça fait plaisir à d’autres gens, alors c’est un grand bonus, mais si demain je n’y trouvais plus mon bonheur, j’arrêterais. Personne ne vous oblige à rien, personne n’a « besoin » de vos livres. C’est l’envie qui compte, la vôtre, puis celle du lecteur dans un deuxième temps.

Voilà, j’espère que cet article vous a été utile ! N’hésitez pas à ajouter votre petite pierre à l’édifice 😉 !

 

 

 

 

Publié dans Questions auto-édition

Publier un livre avec Amazon KDP, les bons et les mauvais côtés !

Vous avez envie de publier sur Amazon mais vous hésitez ? Vous aimeriez en savoir plus avant de vous lancer ? Je vous partage mon expérience après un an sur cette plateforme et deux romans publiés (Irrégulières et Mémoires d’éléphant).

[NB : cet article n’explique pas en détail comment publier sur Amazon. Si c’est ce que vous cherchez, allez voir le très bon article méthodo d’Anaïs W. : publier sur KDP]

Les bons côtés d’Amazon :

  • La transparence sur vos ventes : vous savez exactement combien de livres vous vendez par jour, sous la forme d’un histogramme très clair. En dessous, un tableau vous montre pour chaque site (amazon.fr, amazon.com, amazon.ca) les revenus générés (=ce que vous allez toucher pour la période en cours)
  • Les revenus : environ 30% du prix du livre papier, 70% de l’ebook. C’est beaucoup plus que dans l’édition traditionnelle. (Pour une raison assez évidente : vous remplacez tous les intermédiaires de la chaîne du livre.)
  • La libertéééééééééé : de tout choisir de A à Z, puisque vous êtes votre propre éditeur.
  • La facilité de créer votre livre : sur le site on vous explique tout, et vous pouvez même utiliser des logiciels pour la couverture et des maquettes pour mettre en forme votre texte de manière professionnelle. Je suis contente de la qualité des livres papiers d’ailleurs, la couverture est douce, les couleurs bien rendues…
  • Les paiements réguliers : vous touchez vos revenus 60 jours après la date d’achat sur le livre. Autrement dit, au début, vous devrez attendre deux mois, puis tous les mois vous recevrez par virement une somme correspondant à… deux mois plus tôt (ex: en janvier, vous recevez vos droits sur les ventes du mois de novembre). Tous les paiements sont versés sur votre compte bancaire, et convertis dans votre devise sans frais (ex : si un lecteur achète au Québec avec des dollars canadiens, vous serez quand même payé en euros). Ce n’est pas le cas de Kobo Writing Life, entre autres, qui impose d’avoir gagné un minimum de droits d’auteur avant de vous verser l’argent.
  • C’est rapide et gratuit : une fois que vous avez mis en forme votre livre papier et votre ebook, il vous suffit de remplir la page produit, et votre livre sera disponible à la vente dans les deux jours. Comme Amazon fait de l’impression à la demande, vous n’avez rien à payer : lorsqu’un lecteur achète sur le site, le livre est imprimé et livré à son adresse.
  • C’est international : un point qui n’intéresse pas forcément tout le monde mais qui m’aide beaucoup, en tant que romancière expatriée. J’ai des lecteurs aux Etats-Unis où je vis, mais aussi au Québec, en Belgique et bien sûr en France. Tous ces lecteurs peuvent acheter le livre dans leur devise, et être livré rapidement. Moi je n’ai pas à m’en inquiéter, et ça c’est génial !
  • Ils répondent vite en cas de problèmes, il suffit d’envoyer un mail.

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Une page de présentation avec une bonne note, livraison partout, et c’est VOUS qui avez tout fait… Ça fait plaisir, non ?

Les limites d’Amazon :

  • Les revers de médaille propres à l’auto-édition : un travail énorme et constant. Ça ne sert à rien de juste balancer votre livre avec une couverture faite à l’arrache. Vous êtes un plancton dans l’océan et personne ne vous attend ! Si vous voulez vendre votre livre sur Amazon, il faut écrire de bons livres, bien les corriger, faire une couverture attractive, un super résumé, avoir des avis clients, faire votre promotion avant et après, etc, etc… Ça peut être passionnant, mais aussi éreintant parfois (et chronophage) !
  • Amazon, c’est un peu l’ennemi juré des libraires et de certains éditeurs, et on les comprend :  c’est un très gros concurrent déloyal ! Donc, si vous choisissez Amazon pour imprimer et distribuer votre livre, ne vous attendez pas à être accueilli à bras ouverts en librairie. Or, si vous voulez vendre vos livres et pérenniser votre activité, il est bon que l’on puisse acheter votre œuvre dans un maximum d’endroits !
  • De même, vous entendrez souvent que « Votre livre n’est pas un vrai livre / Ce n’est pas de la littérature de qualité » ou que « Vous êtes sûrement un auteur raté / déçu / égocentrique » parce que vous avez choisi cette voie. Accrochez-vous, soyez patients et prouvez que votre travail est de qualité ! La mentalité sur l’auto-édition commence doucement à évoluer…
  • Amazon ne vous aidera pas à mettre en valeur votre livre. L’intérêt de ce site, c’est de proposer un maximum de choses à l’achat, pour satisfaire leurs clients. Or, lorsque vous mettez un livre en ligne, que vous alertez tous vos proches et que vous proposez des prix cassés, sur lesquels le site prendra une commission ; vous mettez votre énergie de vendeur au service d’Amazon, pas l’inverse. A moins bien sûr que votre livre fasse partie de ceux (rares !) qui décollent dans les ventes, auquel cas il sera mis en avant. Par exemple, si vous êtes bien classé, si vous avez beaucoup de commentaires, vous serez mis en avant. Il y a donc un possible cercle vertueux, mais avant de l’atteindre, beaucoup beaucoup d’auteurs vont « enrichir » Amazon financièrement et culturellement, par leurs efforts. C’est un peu cruel, mais c’est important d’en avoir conscience !
  • Si vous avez choisi de publier uniquement sur Amazon (pour les raisons citées ci-dessus, ou simplement parce que c’est déjà beaucoup de boulot de publier sur une plateforme), vous êtes complètement tributaire du site. Si demain Amazon supprime votre livre, vous avez tout perdu. Si le livre s’affiche « En rupture de stock » ou « Problème de livraison », cela peut faire chuter vos ventes et vous n’y pouvez rien (ça m’est arrivé pendant la sortie de Mémoires d’éléphant, et c’est irrattrapable). Encore une fois, je ne vous souhaite pas le pire, je vous préviens.
  • Les bonnes choses ne se cumulent pas : les ventes que je fais sur les différents sites (.com, .ca, .fr) ne s’additionnent pas; ni les commentaires, ni le classement. Du coup, comme je vends dans 4-5 pays différents, ça a tendance à « diluer » les côtés positifs…! Je vends beaucoup, mais mes lecteurs verront plutôt, pour chaque livre, que je vends un peu… partout !

CONCLUSION : Après un an et deux romans, oui je suis plutôt contente d’Amazon. Dans mon cas (romancière indé en expatriation), cela me permet de publier facilement, rapidement, de manière pro et avec des revenus réguliers. C’est beaucoup de travail, mais ce serait le cas avec n’importe quelle plateforme à partir du moment où l’on décide d’être indépendant. Personnellement, j’adore le faire la plupart du temps. Mon seul désir maintenant que je maîtrise mieux les étapes de publication, c’est de multiplier les plateformes de diffusion (comme être en librairie : j’adore les librairies !!). Et puis aussi, rentrer en France pour rencontrer mes lecteurs en vrai…

Chloé

Des questions ? N’hésitez pas à laisser un commentaire (pas d’auto-promo, je ne suis pas chroniqueuse!).

 

Publié dans Vie d'auteur

Comment naissent mes romans…

Sur quoi tu écris ? Comment tu trouves tes idées ? Qu’est-ce qui fait que tu arrives à en faire un livre ? Ca te prend combien de temps ?

Toutes ces questions, on me les pose très souvent. Alors aujourd’hui, je vous donne toutes les réponses en vous racontant, en toute transparence, comment mes romans passent de ma tête à… votre table de chevet !

D’abord, un désir…

Un jour, quelque chose attire mon attention et j’ai envie de le mettre dans une histoire. Ça peut être à peu près tout : une personne qui se balade en pyjama à la bibliothèque (et deviendra le héros de Mémoires d’éléphant), une actualité qui me révolte, une émotion, un parfum, ou l’ambiance d’une ville. Parfois, c’est juste un besoin brut d’écrire pour écrire, parfois ce détail va se greffer sur un roman en cours, et parfois c’est toute une histoire qui se déroule en regardant vivre les « vrais » gens. J’écris des petites scènes par-ci par-là, pour ne pas oublier mon ressenti, et pour tester cette histoire à l’écrit, voir son potentiel… Cette période peut durer plus ou moins longtemps, souvent quelques mois où je vivote, j’attends de voir si cette idée va me passionner ou s’effacer… Cela dépend aussi de mes autres romans en cours d’écriture. Par exemple : en novembre 2015, je décide de corriger Irrégulières pour publication, en parallèle j’écris Mémoires d’éléphant, ET je note quelques toutes petites idées / envies sur roman 3. Je commence aussi deux autres romans, qui seront avortés.

Laisser faire l’obsession…

J’ai souvent des idées, mais certaines histoires s’effacent de ma tête assez vite, et d’autres m’obsèdent et me suivent. C’est là que je commence à penser à vous, mes lecteurs. Parce que moi l’histoire, je la connais déjà, je n’ai plus besoin de me la raconter. Pour vouloir écrire, relire cette histoire et avoir envie de la partager, il faut que ça vire un peu à l’obsession : que j’y pense régulièrement, que j’y revienne toujours, que de nouvelles idées affluent, que je veuille faire des recherches, dessiner une couverture, travailler les personnages. Un roman, c’est d’abord ça, une histoire qui m’obsède jusqu’à ce qu’elle soit écrite. Une fois qu’elle est achevée et partagée, je m’en libère, et c’est à vous qu’elle appartient. Cette période compulsive dure en général un à six mois !

Il faut savoir que lorsque j’écris, je fais rarement des plans : j’écris d’abord toutes les scènes qui me paraissent importantes et que j’ai envie de faire, puis je liste ces scènes, j’essaye de réfléchir à ce qui manque, et ce qu’il faudrait modifier, j’écris encore, et encore, et encore, plusieurs versions différentes d’un même arc narratif, j’ajoute des personnages… Bref, mon roman est comme une structure gonflable qui ne trouve sa forme finale qu’une fois que j’ai bien mis de l’air de tous les côtés ! Avant cela, je ne sais jamais exactement à quoi ça va ressembler.

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J’ai des cahiers pour les petites notes / idées et des cahiers dédiés à un roman… et autant de fichiers d’ordinateurs !!

Je doute, donc j’écris.

A l’approche de la moitié du roman, JE DOUTE. Je pense à tout ce qui m’apparaît comme moyen dans mon écriture, je me demande si j’ai honoré la promesse de bien traiter le sujet, et ainsi de suite… Si je reprends la métaphore de la structure gonflable, c’est comme si je voyais la forme finale, mais encore un peu molle, un peu pliée, donc pas terrible et j’ai envie d’aller souffler ailleurs… On pourrait croire qu’avec deux romans publiés, le doute s’en va, mais non : viennent d’autres questionnements comme de savoir si ce nouveau roman va plaire aux lecteurs réguliers… J’avance comme un escargot : une page ou deux et je renonce. J’y reviens – tiens, cette page n’était pas si mal – encore une, oui mais non. Comme j’écris selon mes envies, il me faut souvent m’assurer que la ligne directrice ne dérive pas trop, que mes scènes sont bien assorties, que le style n’a pas changé. Ça peut être frustrant. J’écris beaucoup, je supprime beaucoup. Pour Mémoires d’éléphant, par exemple, j’ai supprimé les deux tiers du roman au premier jet, avant de réécrire en sachant mieux où j’allais. Entre moi et un auteur qui fait un plan très précis des chapitres avant de rédiger, je ne sais pas qui « perd » le plus de temps, en tout cas moi je ne peux pas faire autrement. J’ai besoin d’écrire d’abord par passion, et j’ai besoin de douter, parce que c’est ça qui me permet d’améliorer ma première version.

Mon roman mérite une bonne correction.

Ça y est, j’ai mis le point final à mon premier jet, c’est-à-dire la première version « lisible » de mon texte. Ça m’a pris environ six mois. Je laisse le roman de côté, je l’oublie quelques semaines. C’est une rupture douloureuse mais nécessaire. Puis j’y reviens avec un œil reposé et je vois l’étendue du travail restant : bonnes et mauvaises surprises. J’essaye de ne pas trop attendre, car je sais qu’avec le temps, la vie, je change et que mon histoire peut changer avec moi (par exemple, je ne suis plus la fille qui a écrit Irrégulières). Accepter de mettre un point final au manuscrit et aux corrections est une étape difficile mais obligatoire ! Il faut savoir s’auto-discipliner. Je corrige de nombreuses fois pour les incohérences, l’orthographe, le rythme, la mise en page… Pour moi qui ne fait pas de plan et qui écrit de manière arborescente, il est temps de vérifier que mon personnage principal n’a pas changé de prénom en cours de récit… Quand j’estime avoir corrigé à fond, j’envoie cette version à des « bêta-lecteurs », c’est-à-dire des lecteurs tests, des personnes de confiance qui vont me faire part de leur ressenti critique du texte.

Les commentaires au fil du texte qui m’ont convaincu de publier Mémoires d’éléphant.

Pendant ce temps-là, je commence à préparer la sortie du livre : le résumé, la couverture, les posts sur les réseaux sociaux… Je fais encore quelques relectures et corrections d’après leurs commentaires. Il faut doser entre ce que je veux et ce qui fonctionne, en sachant que deux lecteurs peuvent avoir un point de vue différent du mien ET différent l’un de l’autre sur un épisode ! Leur lecture est très précieuse pour moi !

Enfin, je prépare la maquette du livre papier, je me prends la tête sur mille détails techniques (fonds perdus, police d’écriture libre de droit…) mais je suis en même temps si contente et fière d’avoir mené à bout mon projet ! Impatiente aussi de vous le faire découvrir, d’avoir vos réactions !

A vous !

Des photos envoyées par mes lecteurs ❤ !

Le roman est sorti, il est à vous, même s’il aura encore besoin de moi quelques temps : chroniques, mise en avant de vos commentaires, concours, promotions… Et pendant ce temps autour de moi, les esquisses des prochaines histoires se dessinent…

Publié dans Actualités, Vie d'auteur

Chloé Guillot Elouard sur le grill !

Une interview savoureuse pour mieux connaître mon univers !

Alexandra Papiers Mâchés

Pour vous mettre dans le bain, commencez par écouterceci, puis, poursuivez votre route vers le bar à cocktails…

Vidéo de promotion réalisée par – ©Chloé Guillot Elouard –

Alexandra : Bonjour Chloé ! Vous aviez envie de passer sur le grill ? Très bien, nous y sommes. J’espère que vous vous êtes assez badigeonnée d’écran total…

Chloé : J’habite au pays du barbecue, je suis parée à toute éventualité !

Excellent ! Où est la sauce andalouse ?

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Chloé Guillot Elouard, une professeure de français, expatriée aux États-Unis…

Alexandra : Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec une question qui nous turlupine tous ! (ou surtout moi…). Comme nous l’apprenons sur les réseaux sociaux, vous avez fait le choix de vivre aux États-Unis, que souhaitiez-vous trouver là-bas ? Quelles grandes différences notez-vous ?

Il y a d'autres choses curieuses que je n'ai pas encore goûté... Par exemple le humus au chocolat !!Il y a d’autres choses curieuses que je n’ai pas encore goûté… Par exemple le humus au chocolat !! ©Chloé…

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Publié dans Questions auto-édition

Écrire et publier des romans en expatriation : bonne ou mauvaise idée ?

Nouveau site, nouveau blog ! Et quoi de mieux pour commencer que de vous partager mon expérience singulière ? Nous sommes nombreux.se chaque année à vouloir profiter de l’expatriation pour mener à bien un projet créatif, parfois désiré depuis longtemps, et avec l’auto-édition, c’est possible au quatre coins du monde ! Voilà comment ça se passe pour moi, après bientôt un an et deux romans…

Comment tout a commencé :

Il y a deux ans je quittais la France pour les Etats-Unis. J’ai toujours adoré écrire, et je me disais que j’allais profiter des looongs mois d’attente de mon permis travail pour écrire à fond : j’avais enfin le temps et une bonne excuse pour ne faire que ça. En rejoignant des groupes d’auteurs sur place, j’ai découvert que l’auto-édition était mieux acceptée de ce côté-ci de l’Atlantique. On considère ça comme un vrai travail en autodidacte, qui doit être fait sérieusement par respect pour les lecteurs qui seront seuls juges de la qualité. Alors je me suis lancée, sur la plateforme Amazon ! Aujourd’hui, j’ai vendu quelques centaines de livres en France, aux Etats-Unis, en Belgique, au Canada, en Angleterre… Et de manière assez équitable entre ebooks et livres papier, avec l’impression à la demande.

Mais concrètement, comment ça se passe au quotidien ?

Ce qui est plus compliqué qu’en France…

  • Je rencontre assez peu de mes lecteurs en vrai, ce qui en fait recouvre deux difficultés. D’abord, ça plafonne un peu le nombre de ventes que je pourrais faire, puisque je ne peux pas me rendre très visible en France, par exemple en participant à des festivals. Cela veut dire aussi que j’ai besoin d’être efficace dans ma promotion sur Internet, et c’est un métier (construire un site, une newsletter, utiliser les réseaux efficacement)…! Sans visibilité, pas de ventes, donc il faut s’y mettre et persévérer avec des moyens diminués ! Même si comme moi, vous aimez apprendre, il va falloir y consacrer du temps !

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(par exemple, apprendre à faire des jolis posts Instagram 😉 )

  • La p’tite frustration quand, dans mon pays d’adoption, les gens veulent me lire et que je dois leur répondre « Mais c’est un livre en français… ». Je traduirais volontiers mes romans, mais c’est encore un autre métier (et mes journées ne font que 24h, à mon grand regret) !

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(Du coup je porte certains de mes messages en anglais « Fais gaffe ou tu finiras dans mon roman ». Toujours efficace pour capter l’attention du public !)

  • Je n’ai pas un grand choix de partenaires : c’est-à-dire que je ne peux pas, par exemple, imprimer chez un petit imprimeur que je veux soutenir et vendre par moi-même les livres papier pour mes lecteurs français (trop long, trop cher et trop risqué d’envoyer des colis à l’international). En fait, Amazon reste un peu le numéro 1 en termes de « diffusion mondiale / prix imbattables / paiements et transparence des ventes pour les auteurs ».

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Les super-bons côtés :

  • Ben… j’ai enfin eu l’occasion de publier mes livres, en ayant énormément de temps pour corriger, maquetter, promouvoir, progresser… et donc faire partager mes histoires et mes messages à de nombreux lecteurs ! C’est un sacré bon côté, ça non ?
  • Des francophones et des francophiles, il y en a partout dans le monde, et ce sont en général des passionnés ! Moralité : je rencontre moins de lecteurs qu’en France, mais ils sont toujours ravis de m’avoir ! Il est possible d’organiser des lectures avec des Alliances Françaises, des universités ou des French Clubs… Preuve à l’appui :

Plusieurs rencontres-lectures organisées grâce à Steven Farrington, enseignant, auteur et traducteur qui m’a fait l’immense plaisir de traduire quelques passages de mes livres en anglais ! Vous pouvez découvrir son livre ici (en anglais) !

  • Il n’y a pas que les français qui lisent de la littérature française : les Québécois, qui sont presque mes voisins (6h de route, c’est rien du tout à l’échelle américaine), apprécient mes romans… Et moi j’en suis ravie ! Oui je sais, je viens de faire un point sur les Francophones, mais les Québécois méritent une place particulière, après tout ils défendent la langue française mieux que nous : ils disent divulgâcher au lieu de spoiler.
  • S’expatrier, c’est sortir de sa zone de confort, et donc gagner en créativité ! On s’ouvre à une nouvelle culture et à une nouvelle langue, et ça peut vraiment enrichir nos histoires. Saviez-vous qu’aux Etats-Unis, on ne dit pas  « les oeufs au plat » mais « sunny side up », le « côté soleil vers le haut »? J’adore ! (Ca, ça va finir dans un prochain roman, c’est sûr… Comme le sandwich beurre de cacahuète-confiture de framboise dans Mémoires d’éléphant).
  • Il n’y a rien à perdre. Si je m’étais plantée avec mes livres, j’aurais toujours pu rentrer en France en prétextant ne jamais l’avoir fait… Or, mes romans ont du succès, et maintenant que j’arrive à les présenter aussi bien en anglais qu’en français, rien ne peut m’arrêter !
  • J’ai dit qu’Amazon était la principale option pour s’auto-éditer, c’est vrai, et ils sont très efficaces : grâce à eux, votre livre peut être imprimé et livré en quelques jours n’importe où dans le monde, vous êtes payé tous les mois dans votre devise locale, et vous savez exactement ce que vous vendez chaque jour et dans quel pays. Très simple d’utilisation et idéal dans cette situation !!
  • En général, on s’expatrie par envie de changement, d’évolution. Même lorsque ce n’est pas le cas, il faut du temps pour trouver ses marques dans un nouveau pays… Ce temps-là peut être mis à profit pour réaliser ce projet de livre qui vous tient à coeur, et qui permettra pourquoi pas de tisser un lien entre ce que vous étiez et ce que vous allez devenir ici. C’est en tout cas comme cela que je l’ai vécu !

Bref, l’auto-édition et l’expatriation sont des expériences qui se ressemblent, car c’est :

-beaucoup de travail (concret et émotionnel)

-beaucoup de défis à relever (apprendre et recommencer)

-du bonheur, à partir du moment où l’on a un projet qui nous correspond et nous tient à coeur !

… Ce n’est donc pas si étonnant qu’elles aillent souvent de pair !

Si vous hésitez à vous lancer, j’ai envie de vous dire : ce sera plus difficile que si vous étiez basé en France, mais si vous avez tout quitté, c’est que vous n’avez pas peur des défis… Alors allez-y !

Chloé