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Chloé Guillot Elouard sur le grill !

Une interview savoureuse pour mieux connaître mon univers !

Alexandra Papiers Mâchés

Pour vous mettre dans le bain, commencez par écouterceci, puis, poursuivez votre route vers le bar à cocktails…

Vidéo de promotion réalisée par – ©Chloé Guillot Elouard –

Alexandra : Bonjour Chloé ! Vous aviez envie de passer sur le grill ? Très bien, nous y sommes. J’espère que vous vous êtes assez badigeonnée d’écran total…

Chloé : J’habite au pays du barbecue, je suis parée à toute éventualité !

Excellent ! Où est la sauce andalouse ?

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Chloé Guillot Elouard, une professeure de français, expatriée aux États-Unis…

Alexandra : Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec une question qui nous turlupine tous ! (ou surtout moi…). Comme nous l’apprenons sur les réseaux sociaux, vous avez fait le choix de vivre aux États-Unis, que souhaitiez-vous trouver là-bas ? Quelles grandes différences notez-vous ?

Il y a d'autres choses curieuses que je n'ai pas encore goûté... Par exemple le humus au chocolat !!Il y a d’autres choses curieuses que je n’ai pas encore goûté… Par exemple le humus au chocolat !! ©Chloé…

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Publié dans Non classé, Vie d'auteur

Écrire et publier des romans en expatriation : bonne ou mauvaise idée ?

Nouveau site, nouveau blog ! Et quoi de mieux pour commencer que de vous partager mon expérience singulière ? Nous sommes nombreux.se chaque année à vouloir profiter de l’expatriation pour mener à bien un projet créatif, parfois désiré depuis longtemps, et avec l’auto-édition, c’est possible au quatre coins du monde ! Voilà comment ça se passe pour moi, après bientôt un an et deux romans…

Comment tout a commencé :

Il y a deux ans je quittais la France pour les Etats-Unis. J’ai toujours adoré écrire, et je me disais que j’allais profiter des looongs mois d’attente de mon permis travail pour écrire à fond : j’avais enfin le temps et une bonne excuse pour ne faire que ça. En rejoignant des groupes d’auteurs sur place, j’ai découvert que l’auto-édition était mieux acceptée de ce côté-ci de l’Atlantique. On considère ça comme un vrai travail en autodidacte, qui doit être fait sérieusement par respect pour les lecteurs qui seront seuls juges de la qualité. Alors je me suis lancée, sur la plateforme Amazon ! Aujourd’hui, j’ai vendu quelques centaines de livres en France, aux Etats-Unis, en Belgique, au Canada, en Angleterre… Et de manière assez équitable entre ebooks et livres papier, avec l’impression à la demande.

Mais concrètement, comment ça se passe au quotidien ?

Ce qui est plus compliqué qu’en France…

  • Je rencontre assez peu de mes lecteurs en vrai, ce qui en fait recouvre deux difficultés. D’abord, ça plafonne un peu le nombre de ventes que je pourrais faire, puisque je ne peux pas me rendre très visible en France, par exemple en participant à des festivals. Cela veut dire aussi que j’ai besoin d’être efficace dans ma promotion sur Internet, et c’est un métier (construire un site, une newsletter, utiliser les réseaux efficacement)…! Sans visibilité, pas de ventes, donc il faut s’y mettre et persévérer avec des moyens diminués ! Même si comme moi, vous aimez apprendre, il va falloir y consacrer du temps !

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(par exemple, apprendre à faire des jolis posts Instagram 😉 )

  • La p’tite frustration quand, dans mon pays d’adoption, les gens veulent me lire et que je dois leur répondre « Mais c’est un livre en français… ». Je traduirais volontiers mes romans, mais c’est encore un autre métier (et mes journées ne font que 24h, à mon grand regret) !

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(Du coup je porte certains de mes messages en anglais « Fais gaffe ou tu finiras dans mon roman ». Toujours efficace pour capter l’attention du public !)

  • Je n’ai pas un grand choix de partenaires : c’est-à-dire que je ne peux pas, par exemple, imprimer chez un petit imprimeur que je veux soutenir et vendre par moi-même les livres papier pour mes lecteurs français (trop long, trop cher et trop risqué d’envoyer des colis à l’international). En fait, Amazon reste un peu le numéro 1 en termes de « diffusion mondiale / prix imbattables / paiements et transparence des ventes pour les auteurs ».

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Les super-bons côtés :

  • Ben… j’ai enfin eu l’occasion de publier mes livres, en ayant énormément de temps pour corriger, maquetter, promouvoir, progresser… et donc faire partager mes histoires et mes messages à de nombreux lecteurs ! C’est un sacré bon côté, ça non ?
  • Des francophones et des francophiles, il y en a partout dans le monde, et ce sont en général des passionnés ! Moralité : je rencontre moins de lecteurs qu’en France, mais ils sont toujours ravis de m’avoir ! Il est possible d’organiser des lectures avec des Alliances Françaises, des universités ou des French Clubs… Preuve à l’appui :

Plusieurs rencontres-lectures organisées grâce à Steven Farrington, enseignant, auteur et traducteur qui m’a fait l’immense plaisir de traduire quelques passages de mes livres en anglais ! Vous pouvez découvrir son livre ici (en anglais) !

  • Il n’y a pas que les français qui lisent de la littérature française : les Québécois, qui sont presque mes voisins (6h de route, c’est rien du tout à l’échelle américaine), apprécient mes romans… Et moi j’en suis ravie ! Oui je sais, je viens de faire un point sur les Francophones, mais les Québécois méritent une place particulière, après tout ils défendent la langue française mieux que nous : ils disent divulgâcher au lieu de spoiler.
  • S’expatrier, c’est sortir de sa zone de confort, et donc gagner en créativité ! On s’ouvre à une nouvelle culture et à une nouvelle langue, et ça peut vraiment enrichir nos histoires. Saviez-vous qu’aux Etats-Unis, on ne dit pas  « les oeufs au plat » mais « sunny side up », le « côté soleil vers le haut »? J’adore ! (Ca, ça va finir dans un prochain roman, c’est sûr… Comme le sandwich beurre de cacahuète-confiture de framboise dans Mémoires d’éléphant).
  • Il n’y a rien à perdre. Si je m’étais plantée avec mes livres, j’aurais toujours pu rentrer en France en prétextant ne jamais l’avoir fait… Or, mes romans ont du succès, et maintenant que j’arrive à les présenter aussi bien en anglais qu’en français, rien ne peut m’arrêter !
  • J’ai dit qu’Amazon était la principale option pour s’auto-éditer, c’est vrai, et ils sont très efficaces : grâce à eux, votre livre peut être imprimé et livré en quelques jours n’importe où dans le monde, vous êtes payé tous les mois dans votre devise locale, et vous savez exactement ce que vous vendez chaque jour et dans quel pays. Très simple d’utilisation et idéal dans cette situation !!
  • En général, on s’expatrie par envie de changement, d’évolution. Même lorsque ce n’est pas le cas, il faut du temps pour trouver ses marques dans un nouveau pays… Ce temps-là peut être mis à profit pour réaliser ce projet de livre qui vous tient à coeur, et qui permettra pourquoi pas de tisser un lien entre ce que vous étiez et ce que vous allez devenir ici. C’est en tout cas comme cela que je l’ai vécu !

Bref, l’auto-édition et l’expatriation sont des expériences qui se ressemblent, car c’est :

-beaucoup de travail (concret et émotionnel)

-beaucoup de défis à relever (apprendre et recommencer)

-du bonheur, à partir du moment où l’on a un projet qui nous correspond et nous tient à coeur !

… Ce n’est donc pas si étonnant qu’elles aillent souvent de pair !

Si vous hésitez à vous lancer, j’ai envie de vous dire : ce sera plus difficile que si vous étiez basé en France, mais si vous avez tout quitté, c’est que vous n’avez pas peur des défis… Alors allez-y !

Chloé